Mais qu’est ce que je vais faire sans mon papa?

mais qu'est ce que je vais bien faire sans mon papa?

Je suis partie au Canada en mai de l’année dernière. Je suis partie la boule au ventre, sans savoir si j’allais encore une fois revoir mon père vivant. Je me suis fait rare ces derniers mois sur cette page, le coeur n’y était plus vraiment. Je ne savais plus quoi raconter de joyeux parce qu’à la maison c’était tout le contraire.

J’ai décidé de rentrer juste avant Noël, pour fêter les fêtes en famille comme j’avais l’intention de le faire depuis le début de mon périple. La seule différence, c’est que finalement j’avais pris la décision de rester en Alsace. Cette fichue maladie avait pris le dessus. Les médecins avaient trouvé des métastases dans les poumons, les traitements ont été arrêtés dans la foulée.

Notre famille a vécu ces 8 dernières années avec une épée de Damoclès au dessus de nos têtes. Nous savions tous comment cette horreur allait terminer. Ce que nous ne savions pas, c’était combien de temps ils nous restaient. Maintenant nous le savons. Mon père est décédé un vendredi 13…. C’est toujours encore si irréel. J’ai du mal à y croire et pourtant c’est une réalité avec laquelle nous devons apprendre à vivre.

Un certain nombre de personnes m’avaient demandé où j’étais et ce que je faisais de retour en Alsace si tôt. Je trouvais toujours une réponse banal. Surtout ne pas verbaliser ce cauchemar. Si je fermais le yeux et les oreilles, j’espérais naïvement que le problème allait disparaître. J’ai longtemps cru vivre le pire de mes cauchemars, il fallait juste arriver à se réveiller.

La bataille à été longue et extrêmement rude. Nous avons arrêté de compter les différentes chimios et les radiothérapies qu’il a dû subir. Son courage et sa volonté ont été exemplaire. Jusqu’au dernier souffle. Cette bataille, il n’a pas eu besoin de la mener seul. Nous étions toutes les trois à ses coté. Nous l’avons aidé, soutenue et encouragé pour qu’il ne perde pas sa volonté de fer. Mais la maladie a été plus fort. Elle a pris le dessus. Nous avons combattu ensemble une bataille perdu d’avance.

Je n’ai jamais parlé de cet aspect de notre quotidien sur le blog. Peut-être que je voulais me préserver un tout petit bout de normalité. Un endroit où le cancer ne régnait pas sur notre quotidien, sur nos pensées. Perdre un parent c’est dur mais voir un parent souffrir pendant tellement longtemps, c’est atroce.
Il va nous falloir très longtemps pour nous reconstruire, pour s’habituer à ce nouveau quotidien sans père. On y arrivera, un jour.

Pour l’instant il va falloir s’habituer à l’idée qu’il ne rentrera plus jamais, qu’il ne nous parlera plus et ne nous cuisinera plus jamais de petit plats avec tant d’amour.

J’ai pris la décision de faire une petite pause avec le blog, histoire de recharger les batteries et de décider de l’avenir. Je ne sais pas encore combien de temps elle va durer. 2 jours, 2 semaines, peut-être 2 mois. Qu’importe, je sais que je reviendrai et c’est l’essentiel. J’espère du fond du coeur que vous aurez la patience de m’attendre?

PS: Si vous avez encore la chance d’avoir vos parents, prenez les dans les bras et serrer les bien fort. Un jour, il sera trop tard pour le faire ….

3 Comments

  • Debo dit :

    Comment ne pas être toucher en lisant ce message. Vous avez tous les quatre fait preuve d’un énorme courage pendant cette lourde épreuve. Comment ne pas être en colère lorsque l’on a connu JO. Si joyeux, bon et plein de vie. Ton père va me manquer. Je vous embrasse toute les trois, et suis de tous cœur avec vous. Debo

  • edwige dit :

    Bon courage …
    On pense fort à toi et à ta famille !
    A bientôt et bien sûr qu’on t’attendra !!!

  • STOEFFLER Martine dit :

    Quel beau message, et quel magnifique hommage pour ton papa, C’est vrais que cétait un homme génial, toujours souriant et tellement gentil. Nous ne pourrons jamais oublier notre ami joseph.. Vous etiez une famille unie, exemplaire, comment peux t-on séparer une famille comme ça. Le temps apaisera votre douleur mais les bons souvenirs resteront . Il n’a pas mérité de souffrir comme ça. Il est allé retrouver ses parents et ses copains de classe Jean Marc et Constant. Qu’il repose en paix. Et de là où il se trouve il vous protégera. Bon courage Claire Elise. Bisous. martine

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